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Si tu etais la

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C’est drôle. Oui, c’est vraiment drôle.Qu’il est loin, aujourd’hui, le temps où je courais les bars.Où je levais le premier mec venu et jouais aux petits cons effrontés.Aujourd’hui, je suis là, à New York, et je regarde passer les lumières en contrebas.J’aime bien faire ça, le soir. Ça m’occupe. Ça m’hypnotise aussi, un peu.Et, surtout, ça me vide la tête.Ça m’empêche d’errer dans l’appartement. De fixer le lit vide et froid.Je sais ce que tu pourrais dire, Brian. Je le sais, je te connais.« New York est une opportunité géniale. Tu peux pas la laisser filer. »C’est vrai. Tu as raison.Mais à Pittsburgh, il y a autre chose que je ne veux pas laisser filer.Toi, crétin. Avec ta grande gueule et tes manières de paon stupide.Tu caches bien ton jeu, hein, Brian.On le cachait bien tous les deux.Moi, un petit con effronté en quête de plans culs.Toi, un grand con encore plus effronté qui les accumulait tout autant.Quand j’y repense, on s’est bien trouvés, nous deux.On s’est aimé tout de suite, avec fougue, avec force.Même s’il nous a fallu longtemps pour comprendre.Pour reconnaître.Qu’il n’y avait pas d’autre alternative.Juste toi et moi.Ou rien.L’attentat au Babylone…C’était épouvantable.Mais… en même temps…C’est ça qui nous a ouvert les yeux.C’est ça qui nous a fait comprendre qu’on ne pouvait pas vivre l’un sans l’autre.Et puis, tu m’as demandé en mariage. Toi, l’amant libre et sauvage.Et j’ai dit oui.Évidemment que j’ai dit oui !Tu m’as offert le manoir. Ah, ce manoir ! un vrai château !Tant de pièces dédiées à l’amour, comme tu sais si bien le dire.Comme tu sais si bien le faire.Comme tu me manques, mon amour.Brian…Que ne donnerais-je pas pour t’avoir ici, avec moi ?Je te ferais visiter New York. Enfin, ce que j’en ai vu.Tu viendrais me chercher devant l’école d’art.On irait flâner à Central Park.On y prendrait une glace.On admirerait les arbres.Je te dessinerais parmi eux. Nu, c’est mieux.Tu te pavanerais entre les feuilles en riant.Je rirais aussi et je finirais par te rejoindre.On tomberait sur l’herbe grasse et on s’embrasserait.Comme je te connais…Ah, je souris rien que d’y penser !Comme je te connais, tu me déshabillerais…Et on ferait l’amour à même la prairie, cachés entre les ormes.Brian…Qu’il serait bon de t’avoir à mes côtés pour affronter New York.Pittsburgh paraît tellement loin…Tu sembles tellement loin…Comme tu me manques, mon amour.Mon cher Brian, est-ce que toi aussi, tu regardes passer les voitures, ce soir ?Je joue les romantiques, mais ça me plairait de savoir qu’on voit la même chose.Car j’ai froid, ce soir. J’ai froid tous les soirs, sans toi pour m’enlacer.Si seulement ce pouvait être toi, ce grand type sortant du taxi…Il te ressemble…Non… C’est toi !Tu es venu !

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