Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Categories:
Fandoms:
Relationships:
Characters:
Additional Tags:
Series:
Language:
Français
Stats:
Published:
2024-02-29
Words:
1848
Chapters:
1/1

rewrite confess

Entire Work

Work Text

C'était un samedi d'octobre.La lune était levée depuis si longtemps déjà que le soleil n'allait tarder à reprendre sa place dans le ciel.Elle était fière, imposante, et elle au moins, permettait de voir où on mettait les pieds –si seulement les lampadaires n’étaient pas en panne, comme à leur habitude–Il faisait sombre, même un peu froid. Une légère brise venait de temps à autre secouer le feuillage des arbres, faisant sursauter quiconque s'offrirait le plaisir simple d'une balade nocturne.La ville endormie avait une atmosphère paisible.Et pourtant, nombreux demeuraient les éveillés.La salle de fête de la ville avait accueilli son lot de visiteurs: des mariés un peu trop nerveux tout en passant par les familles ennuyées lors de ces interminables spectacles de danse... mais jamais auparavant elle n’y avait accueilli une telle ambiance.La musique rugissait des enceintes; le nombre trop élevé de décibels mêlés aux danses énergiques des jeunes faisait presque trembler les immeubles voisins.
Argaat et Millie se trouvaient être derrière ce projet.
C'était un vendredi normal pour eux: après les cours, ils se rendirent derrière la supérette locale afin d'organiser l'un de leurs fameux combats de rats. Bien que quelque peu malsain, le concept rassemblait toujours un nombre significatif de personnes apparemment avides de castagne entre rongeurs.Tout se serait déroulé comme d’habitude si le trop plein de spectateurs n’avait pas non seulement attiré l'attention du gérant, mais également celle d'un flic en vadrouille.Une chose en entrainant une autre, notre duo se retrouva avec une amende salée et une menace de travaux d'intérêts généraux en cas de non-paiement.Il était bien évidemment hors de question de se faire prendre en train de ramasser les déchets de la ville par leurs camarades de classe, ou pire… par la belle Lilith. Comment auraient-ils pu se relever d’une telle humiliation?C'est ainsi que l'idée d'organiser une petite fête leur vint. Étonnement, celle-ci se trouvait être un véritable succès: les étudiants des alentours en profitaient comme s’il s’agissait de la dernière soirée de leur vie.
Argaat et Millie s’étaient finalement joints aux festivités à l'intérieur, confiant la lourde tâche de vente de bracelets d’entrée à Eduardo. Après tout, n’avaient-ils pas le droit de s'amuser aussi après s'être donné tout ce mal?
Eduardo, c'était le type qu'ils avaient engagé en tant vigile; un ami proche de Millie, quelque chose comme ça.Argaat avait toujours été interpellé par le grand écart d'âge séparant le duo. Après avoir rencontré Eduardo cependant, lui aussi eut instantanément l’irrévocable envie de devenir son pote.Eduardo était imposant et savait prendre cet air menaçant quand les choses tournaient au vinaigre; exactement ce qu'ils recherchaient pour intimider les petits jeunes. Ed, de son côté, trouvait ça assez amusant de se donner cet air de dur à cuire alors qu’il sait pertinemment qu'il n’est pas ce genre d'homme.Bien que plus bénévole qu'employé –ce n’était pas avec ce travail qu’il va toucher un rond–, Eduardo ne semblait pas dérangé pour autant.Après tout, qu'allait-il bien faire d'autre de sa soirée? Rentrer dans son appartement miteux, lancer un live où moins de 15 personnes le regarderont s'essayer à divers parcours Roblox et aller se coucher avec ce sentiment de n’avoir rien accompli?Eduardo ne le laissait paraître –à quoi bon?– mais il ressentait comme un vide depuis quelque temps. Il lui manquait quelque chose, mais quoi?Un chauffage fonctionnel? Un nouveau casque sans fil qui ne grésille pas? La compagnie de quelqu'un?Il ne savait pas. Qu'importe, il préférait ne pas s'y attarder.Dans tous les cas, Eduardo n'était pas totalement seul non plus: il avait Millie.Un véritable lien s'était formé entre eux lorsqu'il avait fait semblant de ne pas voir un deuxième paquet de YOP se glisser dans son sac à dos; elle lui en avait offert un à la sortie du supermarché en guise de remerciement, et depuis, les voilà inséparables.Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour Millie? Il la considérait comme la fille qu'il n'a jamais eu… mais c'est un secret qu'il emportera certainement dans sa tombe.
Les jeunes dorénavant partis, Eduardo s'adossa au mur, veillant à ne pas mettre le pied dans une flaque de pisse ou de vomis. Il a tout de même loué un costume pour l’occasion, ça serait quand même dommage de perdre la caution…Il en profita pour s'imprégner du calme de l'extérieur.Néanmoins, sa tranquillité fut de courte durée. La porte de sortie -qui était aussi la porte d’entrée- s'ouvrit d'un coup. Un couple en pleine dispute jaillit de l’intérieur.Le maquillage noires d’une espèce de gothique coulait le long de ses joues pâles. Un mélange d’alcool et de transpiration émanait de ses vêtements un peu trop légers pour la saison.A la recherche d’un appui, elle se mit à tituber furieusement vers la poubelle. Derrière elle, son ami la suivait."LAISSE MOI TRANQUILLE!" hurla-t'elle."Mélanie, s'il te plait, calme toi. Je t'ai dit qu'il était temps de partir, on a du travail demain..." Il tentait de rester calme, mais avait ce déraillement dans la voix qui le trahissait. Il était au bord de l'explosion."VA TE FAIRE FOUTRE. JE T'EMMERDE MOI, L CHE MOI LA GRAPPE AVEC TON TRAVAIL. TU FAIS QUE G CHER MA VIE.” une courte pause, probablement pour s’empêcher de vomir “ ET TU SAIS QUOI? C'EST FINI ENTRE NOUS.""C'EST FINI DEPUIS DES MOIS, MELANIE!"
Boum!"JE RENTRE CHEZ MOI, et même que t’as intérêt à me le payer, connard." Elle serrait les dents et le pointait du doigt à la manière d’une actrice d’Hollywood ayant décroché le premier dans un film dramatique."C'EST MOI QUI TE L'AI COMMANDÉ, ABRUTIE."La situation refusant de s’apaiser, Eduardo n’eut d’autre choix que de faire son travail et intervenir.“Messieurs dames, veuillez baisser d’un ton je vous prie ou… Konan? Mais qu’est-ce que tu fais ici?""Eduardo?”Parmi toutes les personnes qu’il pensait croiser ici, Konan était rayé de la liste.Un bruit de pneus les interpella tous: le taxi était arrivé. Après leur avoir fait un doigt d’honneur à chacun, la dite ‘Mélanie’ s’enfuit rejoindre le conducteur.Konan lança un regard de détresse à Eduardo. Il ne retint un soupir de soulagement: au moins, il serait libéré de son fardeau pour au moins quelques heures.Eduardo lui offrit de s'asseoir sur une des chaises pliables disposées devant la table où quelques bracelets d'entrée restants menaçaient de s’envoler. Konan accepta l'offre et le verre d’eau en plastique que lui tendait l’autre."Donc... ta copine vient de te lâcher?"Sa copine?Non, ce n'était rien de tout ça. Enfin si, ça l'a été, mais ça ne l'est plus.Konan, pourtant incertain de ses sentiments pendant toute la relation, l’a tout de même aimé pendant plusieurs années.
Cinq années consécutives d’indécision, et un an ou deux de plus pour admettre que l’amour n’était plus après la rupture.Même par la suite, une sorte de chaîne indestructible les liait; ils n’étaient plus qu’un poids l’un pour l’autre.Et pourtant, c’est toujours elle qui l’appelait en cas de besoin; c’est toujours lui qui venait à sa rescousse; et c’est toujours eux qui finissaient par s'engueuler.La fille si charmante qu’il a un jour connue n’existait plus: il ne restait d’elle qu’un concept, une idée, une hypothèse remplacée par une étrangère.
"C'est pas ma copine, ça fait un moment que c'est fini." un soupir pour combler l'absence de mots. Comment décrire leur relation? "Je m'inquiète toujours beaucoup pour elle, voilà tout.""Je comprends.""Ça devient épuisant à force. C’est toujours à moi de venir la sauver et elle ne fait que me cracher à la gueule en retour. "C’était simple de s’ouvrir à Eduardo.S’il l’attendait à l’extérieur, Konan acceptait de pénétrer hors de la tour de murs qu’il s’est construite il y a de ça bien longtemps.Tout a toujours été plus simple avec Eduardo de toutes manières."Elle a l'air lourde, cette fille. Je comprends qu'elle t'inquiète, mais t'es pas son papa Konan, c'est pas à toi de t'occuper d'elle." Il passa son bras autour de l’épaule de son ami. "En plus, avec tout ce temps à t'inquiéter en moins, tu pourrais me rejoindre en live... tu as fait exploser le compteur la dernière fois, tu te souviens?"Un léger rire. Peut-être que c’était tout ce qu’il avait besoin d’entendre venant de Konan.Konan leva la tête vers le ciel. Il était bien plus beau que quand il était arrivé: plus bleu, plus étoilé, plus d’Eduardo à ses côtés.Parfois, il se dit qu’il aurait dû se lancer dans l’astrologie, puis il se souvient qu’il a toujours été particulièrement nul en physique-chimie."C'est compliqué. Peut-être que les femmes c'est plus pour moi." annonça-t’il, sans vraiment trop y penser.Eduardo ricana, puis détourna le regard.
"T'as trop bu.""Même pas, juste un verre." Ou deux, ou trois. Qui sait? Pas lui en tous cas."Hm."Aimer quelqu’un lorsqu’on atteint l’âge adulte est une expérience bien différente de l’amour de jeunesse... du moins, c’est ce qu’on lui a toujours affirmé.Eduardo n’a jamais été d’accord avec ce principe; c’est juste une excuse pour les gens coincés dans un mariage malheureux pour rester ensemble pour le bien de leur réputation ou de leurs enfants.Avec Konan, c’était comme retomber en enfance à chaque fois.Avoir Konan dans son entourage, c’est comme boire un thé chaud en une après-midi pluvieuse. Eduardo espérait que lui aussi, un jour, pourrait lui servir une tasse de camomille.Eduardo était souvent tombé amoureux, mais jamais quelqu’un ne lui avait fait ressentir ça.
C’était différent de la meilleure manière possible.La soudaine déclaration de Konan le pris par mégarde. Que faire? Que dire? Lui qui avait si longtemps gardé ses sentiments enfouis se trouvait perdu face à la situation."Ed?"Au moins, ça l’empêchera de se perdre dans ses pensées."Ouais?""C'est quoi l'amour pour toi?" (Sérieusement?)"Euh... j'en sais trop rien.” Il balbutiait: “C'est quand tu te sens vraiment bien avec quelqu'un et que tu le vois dans ta vie dans 10 ans... je pense""Mais alors ça voudrait dire que je suis amoureux de toi..."Un silence inconfortable lancé par deux amis se rendant compte qu’ils avaient une chance l’un avec l’autre s’installait lentement. Ni la musique, ni même leurs propres respirations étaient audibles: seul le malaise était perceptible, au grand damne de chacun."Euh, Ed, on restera amis quoi qu'il nous arrive hein?""Ouais, ouais évidemment."“Eduardo.” Il commença. Peut-être allait-il gâcher plusieurs années d’amitié; peut-être allait-il commencer quelque chose de nouveau. Konan n’est pas de ceux qui réfléchissent beaucoup avec quelques grammes dans le sang. “Je crois que je suis amoureux de toi.”Sans même laisser le temps à son interlocuteur de rétorquer, Konan s’avança vers lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres. C’était rapide, quelque peu alcoolisé, et loin d’être le meilleur du monde. Mais peut-être que c’était suffisant.Il se retira aussitôt, se confondant en excuses.
“Merde, non. Ed, je suis désolé, je sais pas ce qui m’a pris–”“Konan.” Eduardo l’interrompit.
Tout doucement, il lui murmurait;
“Je crois que je suis amoureux de toi aussi.”
[…]

↑ Top · Fandoms