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“Plus haut.” Le Major poussa un léger soupir avant de reprendre “Plus haut mon gars ! Je
veux qu'ce drapeau soit visible jusqu’aux confins de Mesea !”Tandis qu'un caporal tentait de se hisser, tant bien que mal, au sommet de l’imposante
fontaine, les échos des aboiements du Major résonnaient dans les ruines de ce qui était
autrefois la plus grande cité de tout le continent, c’était la seule chose qui brisait le silence de
cathédrale qui régnait sur la ville. Les Deadlands semblaient bien porter leur nom.Pourtant, ce n’était pas l’activité qui manquait. On croisait partout des hommes en uniforme, parfois occupés à décharger des camions de matériel, certains réunis autour d’une partie de
cartes, d’autres marchant sans but dans les ruelles, semblant parader pour des civils partis depuis longtemps. La plupart paraissaient juste perdus dans la ville, perdus dans leurs pensées, le regard fixe. Il est probable que ceux-là réalisaient à peine ce qui était en train d’arriver. C’était une longue campagne qui les avait menés jusque là, une campagne bien plus vieille que chacun d'entre eux.Il était intéressant de penser que derrière chacun de ces soldats, se cachaient des générations entières de sacrifiés. Elles remontaient parfois de l’époque où le vieux Archonte Callahan faisait encore trembler les plaines du Sud avec la marche de ses armées. Parfois, il s’agissait de héros de la première heure qui prirent les armes lorsque les premières troupes du légat Silas Maro marchèrent au travers des ruines du Bulwark. D’autres vaillants, refusant la défaite et suivant l’Archonte loin derrière les montagnes lorsque le drapeau de la Légion fut dressé au sommet de notre capitale Sun’s Haven.Mais beaucoup étaient seulement de simples citoyens remplissant leur devoir, envoyés au front dès qu’ils étaient jugés assez forts pour soulever une arme, uniquement pour tenter de ralentir ce qui semblait inévitable. Tous, morts pour Caoiva. Tous ces martyrs, pour arriver à ce moment précis.Sur chaque visage, l’émotion était différente, certains étaient emplis de joie, d’autres laissaient sortir quelques larmes mais tous avaient le visage aussi blanc que les plus hauts sommets de Nicnevin. Ils comprirent tous.Leurs innombrables sacrifices avaient enfin payés. Bien sûr, une grande partie de leurs terres étaient encore occupées par l’envahisseur, mais il semblait qu’enfin, après tout ce temps, l’aube était arrivée.Pour la première fois depuis des siècles, le Soleil se leva sur Caoiva et le drapeau de leurs ancêtres flottait une fois de plus au-dessus de Sun’s Haven.-Cléirigh, Edern. « De la fin des Guerres Boréales » Whedon's Row, 1001, p187.
