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Habituellement, ils paient chacun leur part des frais lors de leurs « sorties entre amoureux ». Cette fois-ci, c’est Hisoka qui insiste pour payer.Il semble attendre des questions sur sa générosité, mais Illumi ne montre pas de curiosité particulière. La plupart du temps, il est d’humeur à accommoder l’histrionisme d’Hisoka, mais il serait dangereux de lui laisser trop passer. Par essence, le Magicien est un prédateur ; il s’empare du moindre signe d’indulgence ou de lassitude pour en faire le poison qui couvrira son arme.Hisoka sourit comme si la réaction d’Illumi le contentait et s’incline :— Je nous ai réservé trois tables pour ce soir ! Taffali, L’écrin de Soryia ou Le paon d’or. Je te laisse choisir ton préféré.Aucun des deux ne s’est jamais rendu ici, mais il ne fait pas à Illumi l’injure de lui proposer une présentation. L’héritier Zoldyck ne se rendrait jamais quelque part dont il n’ait pas mémorisé la topographie et les points d’intérêts : chacun des trois restaurants qu’a cité son compagnon comptent parmi les meilleurs et les plus chers du coin. Pour chacun, une réservation exige certaines garanties, notamment financières.Sans hésiter, Illumi choisit le Le paon d’or, le plus cher.Le sourire d’Hisoka est le rictus d’un renard : il s’était attendu à cette réponse. Illumi est presque tenté de changer d’avis, mais ce serait puéril. À la place, il fixe son compagnon :— Quel est le reste du programme ?— Allons, allons ! Un magicien ne révèle jamais ses secrets. Laisse-moi te tenir en haleine, hmm ?Le raisonnement se tient, du moins pour quelqu’un comme Hisoka. Illumi est disposé à accepter un certain niveau de compromis ; il détourne le regard vers le paysage qui défile par les fenêtres.Ils ont loué une voiture pour l’occasion ; Hisoka a insisté pour conduire. Bâtie à flanc de vallée, face à la route en lacet qu’ils empruntent actuellement, leur destination étale sous leurs yeux son pittoresque artificiel.Poflovare est un nid à touriste situé juste assez près d’une grande ville pour être facilement accessible tout en étant entouré d’assez de verdure pour se prétendre campagnard. Une nature luxuriante frange un mélange hétéroclite de confort moderne et de fausse antiquité : de petites maisons aux murs vivement colorés et aux toits pentus, de grandes avenues où les voitures de luxe côtoient les charrettes. Verts, bruns, jaunes organiques, et le métal et le verre du confort moderne.L’artificialité de la scène est manifeste. La ville a des allures de maquette pour enfants, ses teintes brillantes cachant mal son absence de naturel. Illumi le perçoit sans s’y arrêter. Son esprit est celui, soigneusement forgé, d’un assassin. Il a un sens de l’esthétique, mais c’est une chose froide que supplantent un certain nombre de facteurs plus prioritaires – sens, utilité, implications.Hisoka l’a amené ici pour une raison. D’ordinaire, leurs sorties sont l’affaire brève d’un hasard ou d’un caprice – quelques verres après une mission, un échange bref au coin d’une ruelle, ou quelques heures dans un hôtel. Ils ont déjà passé, rarement, un ou deux jours ensemble en dehors d’une mission, mais Illumi avait considéré ces fois-là comme une façon de tuer le temps plus qu’autre chose.Pas cette fois-ci. Hisoka a réservé son week-end. Le trajet seul leur a pris deux heures.À quoi joue le Magicien ?— Donne-moi un mot-clef, demande Illumi.Le sourire d’Hisoka s’élargit légèrement. Une étincelle dangereuse traverse son regard.— Romantisme.Connaissant l’homme, le mot peut couvrir tant une véritable soirée qu’un massacre. Illumi est ouvert aux deux possibilités. Il examine ses vêtements – l’ensemble ordinaire qu’il porte pour le travail, ou pour certains loisirs.— Je ne sais pas si ma tenue est romantique, mentionne-t-il.— Elle ira tout à fait. Est-ce que ce ne serait pas drôle de s’habiller pour le dîner, cependant ?Un jeu ? L’idée ne dérange pas Illumi. Il éprouve un certain plaisir à voir Hisoka s’amuser. C’est, en partie, la raison pour laquelle ils travaillent si souvent en duo. Quel que soit le talent du Magicien, le fait est qu’Illumi est un membre de la famille Zoldyck, exercé à survivre dans les ténèbres solitaires d’une vie d’assassin : il n’a pas besoin de l’aide d’Hisoka. Simplement, il apprécie de l’avoir à ses côtés – comme on apprécie un couteau favori ou une heure particulière de la nuit.Hisoka aime se battre et tuer à un point qu’Illumi ne peut se permettre. Le Magicien trouve un plaisir malicieux à ourdir des plaisanteries macabres, à bâtir patiemment l’édifice de ses ruses ; il sait attendre, sans lassitude ni ennui, le moment où son opposant sera précisément à son goût. Il se bat contre de bons adversaires avec une joie sincère, ardente, qui tord la courbe de ses yeux et tire le coin de ses lèvres. Sa présence est une fournaise – un incendie qui adorerait le combustible qu’il annihile.Illumi aime le regarder dans ces instants-là. Il absorbe cette passion, la savoure par procuration, la dévore avec un plaisir d’ogre. Hisoka le sait, qui parfois lui décoche un sourire complice au moment d’achever une proie avec laquelle il s’amusait.Hisoka en sait beaucoup trop.La réciproque est vraie, sans doute.Illumi chasse de son esprit des pensées qu’il n’a pas particulièrement l’intention d’explorer ce soir-ci. Quoi que le Magicien ait en tête, autant en profiter. S’il a accepté cette invitation, c’est pour passer un moment avec lui – et pour suivre la traînée bondissante et lumineuse de ses fantaisies.Ils se garent dans l’un des nombreux parkings souterrains de la ville et rejoignent la surface. Le ciel bleu se plaque sur les façades aux allures de décors de cinéma, ignorant l’obscurité bitumeuse des souterrains. Illumi regarde autour d’eux, identifiant rapidement leur emplacement précis.— Tu as déjà un costume pour ce soir ? demande-t-il à Hisoka.— Choisis et je m’accorderai à tes choix ! élude l’autre homme, une lueur piquante dansant dans ses yeux pâles.Un restaurant. Romantisme. Je m’accorderai à tes choix. Une idée naît dans l’esprit d’Illumi, se plaque doucement contre sa nuque.Il sent son sang s’accélérer dans ses veines. Une pression froide et plaisante court le long de sa colonne vertébrale.Peut-être. Peut-être. Mais il ne dira rien, pas maintenant. Il donne le bras à Hisoka et c’est sans doute une erreur ; les yeux de son compagnon s’écarquillent légèrement, lisant ce qu’il a tu dans cette démonstrativité inhabituelle.Ils partagent un silence qui vaut plusieurs explications.— L’atelier Koluppi n’est pas loin, dit Illumi. J’invite.Il connaît, évidemment, la liste des commerces et figures locales sur le bout des doigts. L’atelier Koluppi fait partie des magasins de vêtements les plus réputés, offrant tant du sur-mesure que du prêt-à-porter de luxe. Hisoka agite sa main libre en signe de refus.— Non, non, c’est moi ! Il faut faire les choses proprement. C’est moi qui paierai jusqu’au bout.— Tu es étonnamment traditionaliste.— Sérieux, corrige Hisoka avec un sourire dangereusement sincère. Il faut être sérieux pour les choses importantes.Un autre jour, une autre fois, il a dit à Illumi Il ne faut jamais rien prendre au sérieux, surtout les choses importantes. Hisoka est un menteur invétéré ; même ses rares vérités changent. Seuls ses goûts demeurent – relativement – constants, mais cette stabilité combinée au reste ne l’en rend que plus dangereux.Un jour, Illumi se mariera. La lignée, après tout, doit continuer. Sa partenaire sera une femme fiable et compétente qui engendrera trois à quatre enfants, de quoi avoir du rechange en cas de mortalité imprévue. Ils auront une relation sans passion ; ce sont les plus sûres.Hisoka n’appartient pas à ce futur raisonnable et prévisible. Hisoka est une parenthèse ouverte et fermée sur un caprice – sur quelques mots échangés, sur un instant de libre, sur l’humeur d’un moment.Hisoka est un luxe, et les luxes ont toujours un prix…Ils parviennent rapidement à L’atelier Koluppi, une large échoppe dont la vitrine offre plusieurs modèles allant de l’alarmant au classique. Malgré tout, l’homme mérite les recommandations de ses clients ; par-delà les appâts à nouveaux riches se trouvent quelques perles. Les deux assassins optent pour deux modèle issus de la même collection, choisie par Illumi ; les lignes épurées soulignent la taille fine d’Hisoka et la longueur de ses jambes. Les accessoires – boutons de manchette, broche et montre – sont complémentaires.Le prix est obscène. L’initiative est inutile. Illumi sait déjà qu’il ne portera pas cet habit plus d’une fois. Le temps qu’ils ont passé en réflexion et essayage est un gâchis.Il n’en regrette pas une seconde.Il contemple Hisoka qui s’admire dans le miroir, laissant son regard traîner le long de la cambrure de son dos et de l’arrondi de sa chute de rein. Leurs yeux se rencontrent ; ceux d’Hisoka sont deux éclats de feu cristallisé, vice et passion soigneusement enchâssés dans l’écrin froid de sa ruse.Le rythme cardiaque d’Illumi s’accélère.— Parfait, soupire Hisoka d’un ton satisfait.Il se retourne et décoche à Illumi un long regard appréciateur.— Nous partons avec ?— C’est risquer de les salir avant de dîner, rétorque Illumi.Hisoka acquiesce d’un air convaincu. Il faut être sérieux pour les choses importantes, après tout – aujourd’hui, du moins ; demain, qui sait ?Mais le Magicien est peut-être sur le point de lui offrir quelque chose qui durera au-delà de l’instant. Un lien réel, définitif.Illumi sent son corps réagir à l’idée, l’adrénaline éclosant à travers ses veines – une pulsation sombre qui accélère son flot sanguin et réchauffe son épiderme. Il peut analyser la mécanique précise de son excitation, la façon dont elle altère ses réflexes comme sa pensée. Il en ferme méthodiquement toutes les voies d’accès. Il n’en sait pas encore assez, et il suspecte Hisoka d’être capable de changer d’avis pour le seul plaisir de le frustrer.Hisoka paie pour faire livrer leurs costumes à l’hôtel et l’entraîne dans les rues colorées. Il a visiblement planifié leur itinéraire en avance : passage par un glacier hors de prix, promenade en bateau-mouche, visite d’un musée local. Ils font une pause pour boire un café, s’attardant assez pour que l’assassin qui les traque depuis leur départ pour Poflovare puisse empoisonner leurs consommations.Illumi boit lentement sa tasse, laissant des années de mithridatisation neutraliser le poison – du venin de brochet-étoile, imperceptible pour des sens ordinaires, mais qui lui gâche quelque peu un excellent café.Il lance un regard à son compagnon. Le Magicien lui décoche un clin d’œil sans toucher à sa tasse.— Tu ne bois pas ? l’interroge Illumi, haussant un sourcil.— Te regarder me suffit, roucoule Hisoka.Illumi lui décerne une ombre de sourire. Il était presque certain qu’Hisoka avait remarqué l’assassin, même s’il doit accorder à ce dernier plus de discrétion que la normale ; restait cependant une chance, même insignifiante, qui suffisait à pimenter un peu le moment.— Peut-être que marcher un peu plus t’ouvrira l’appétit, suggère-t-il.L’homme n’a pas le bon sens de se laisser décourager par son premier échec. C’est tout à l’honneur de sa conscience professionnelle. Ils le piègent facilement ; Illumi se charge de l’achever au détour d’une ruelle.— Tu aurais pu m’aider, Hisoka.— Il était trop faible, rétorque le Magicien en haussant les épaules. Et puis, tu t’amusais tellement…— Je ne m’amusais pas, nie Illumi en dépit de l’évidence.En deux pas, Hisoka se tient trop près de lui. Les lèvres du tueur se posent sur l’intérieur de son poignet.— Je peux sentir les battements de ton cœur, sourit Hisoka de toutes ses dents.— Très romantique, commente Illumi, impavide.De si près, il ne peut manquer la façon dont Hisoka inhale abruptement contre sa peau – la crispation presque imperceptible de sa main. Touché.Illumi n’est pas le seul à attendre la soirée avec impatience.Il glisse une main sur la joue du Magicien pour lui faire relever la tête. Leurs regards se croisent ; les pupilles d’Hisoka sont deux abîmes.Illumi l’agrippe et l’embrasse.Leurs lèvres s’écrasent au seuil de la douleur. L’un d’eux mord l’autre ; l’odeur terne du cuivre. La langue d’Hisoka est douce et pressante, insidieuse, mais Illumi accepte ce piège-là.Les mains de l’autre homme caressent ses côtes. Chaque doigt presse doucement dans les failles de la barrière d’os, sensibles à travers le tissu ; imagine sans doute la chair, les organes et le sang au-delà. Un frémissement parcourt la colonne vertébrale d’Illumi. Ses ongles s’enfoncent dans la gorge d’Hisoka, sur le côté, là où la vigueur des muscles ralentirait la décapitation. Un tressaillement réflexe – la peau brûlante sous ses doigts —Sa veste est déjà ouverte ; la prise d’Hisoka l’entraîne, l’abaisse. L’odeur âcre du sang emplit ses narines, se mêlant aux parfums artificiels et entêtants qu’apprécie tant le Magicien.Hisoka est un luxe…
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Le ciel estival a la clarté du soir lorsqu’ils parviennent au restaurant. Ils se sont douchés et changés à l’hôtel, la standardiste observant une indifférence toute professionnelle envers leur mise négligée.Une lassitude familière, satisfaite, s’attarde dans les os d’Illumi ; persiste cependant une étincelle impatiente.Affamée.Ils sont placés à l’une des meilleures tables du Paon d’Or, près d’une immense porte-fenêtre. En deçà s’étale un jardin d’intérieur où fleurs terrestres et nénuphars composent un tableau impressionniste que la brise recompose à chaque souffle ; des trompe-l’œil projetés sur les murs attenants suggèrent des horizons vastes et menteurs dont la lumière doit s’adapter au temps extérieur.Illumi prend place face à Hisoka. Un serveur obséquieux allume les bougies d’un chandelier de fantaisie, en forme de paon, dont la queue se divise en sept bougeoirs sculptés ; des amuse-bouche sont déposés dans des contenants figurants des plumes courbées. Illumi prête à peine attention au luxe ostentatoire de la scène. Son cœur s’accélère à chaque battement ; il le ralentit de force, contrôle son souffle, régule sa température corporelle et le flot impatient de son nen.Il attend.Hisoka mène habilement le fil de la conversation, commentant le menu et suggérant des plans qu’Illumi accepte sans y prêter grande attention. Il sait d’expérience que les goûts du Magicien s’accordent relativement aux siens. Ils échangent des remarques sans conséquence sur la vue et le décor. Leur véritable dialogue se tient sans mot : gestuelle, regards, une tension qu’Hisoka ne se soucie pas de masquer. Un sourire particulier danse sur les lèvres du Magicien ; il se contient pour ne pas effrayer les autres convives, ce qui ruinerait le moment, mais Illumi perçoit parfaitement son excitation.Ils badinent en prétendant savourer des plats dont Illumi remarque à peine les saveurs. Hisoka a commandé un vin blanc dont il se ressert plusieurs fois. Son sourire frémit aux encolures.Illumi, soigneusement, maîtrise le rythme de son cœur.Enfin, Hisoka pousse son assiette de côté. Son regard se plante dans celui d’Illumi.La faim qui s’y lit —L’assassin s’aperçoit trop tard que son cœur bat trop vite.Le magicien fait apparaître, d’entre ses mains closes, un petit écrin pourpre ; Illumi ne pense même pas à chercher le truc, comme il fait d’habitude. Ses mâchoires sont scellées. Ses pensées sont entravées à la petite boîte tendue de cuir.Le sourire d’Hisoka est un abysse frangé d’ivoire.L’écrin s’ouvre sur une bague dont la tête figure un papillon chatoyant. L’objet est une dissonance de couleurs vives et de noirs satinés, la lueur des bougies luisant doucement sur sa surface lisse.Illumi ne réfléchit même pas avant de tendre la main. À son contact, le bijou se déploie comme une fleur s’ouvre – un origami.Il l’agrippe comme il l’a fait d’Hisoka dans l’allée. Il connaît déjà la promesse, mais il en découvre maintenant les termes.La confirmation de l’espoir qui a tremblé sous sa peau pendant toute la journée, suspendue aux caprices du Magicien.Le sang se précipite dans les veines d’Illumi, avide et venimeux, et son cœur trébuche, et son sourire creuse ses joues jusqu’aux mâchoires et un chaos violent le brûle, qu’il permet, juste cette fois, comme la joie et la faim le font dévier du chemin d’un assassin. Il se lève, il agriffe Hisoka, ou Hisoka s’est levé et penché sur lui ; leurs souffles se frôlent. L’haleine du Magicien a l’odeur piquante du vin.Un claquement de doigts ; l’héritier Zoldyck détourne le regard pour voir, dans la main du Magicien, la feuille bigarrée qu’il pensait encore tenir.Sur une tache blanche comme l’os s’étalent les termes du contrat : une demande de service formelle adressée à Illumi Zoldyck, de la part d’Hisoka Morow.La cible s’en tient devant Illumi et lui sourit. Ses yeux jaunes sont deux larmes de venin.— C’est un oui ? susurre-t-elle, ses yeux jaunes plantés dans ceux d’Illumi.Illumi imagine le combat, imagine le goût du sang, imagine la fin et la satiété. Cent mots et cent silences se pressent sur sa langue ; il n’en retient aucun.Il recule. Repeint, avec effort, son masque d’impassibilité. Les couleurs n’en sont guère convaincantes, mais peu importe. Elles n’ont qu’à tenir jusqu’à l’hôtel.— Considère-toi fiancé, acquiesce-t-il d’un ton égal.Il peut physiquement sentir la joie et la soif de sang qui irradient d’Hisoka. Il a conscience, vaguement, de la terreur du reste de la pièce, des videurs qui essaient de trouver le courage de leur demander de sortir. Il ne ferait jamais ce genre d’éclats, d’habitude. Pas à moins d’être payé. Sa famille ne le reconnaîtrait pas.Hisoka est un luxe.Hisoka est un danger.Un jour, Illumi se mariera —Ce sera la deuxième fois.
